Choisir et raccorder le nom de domaine de la commune

Le nom de domaine est l'adresse du site de la commune : « macommune.fr », ou « mairie-macommune.fr ». C'est aussi, souvent, l'adresse de la messagerie de la mairie. Bien le choisir, l'enregistrer au nom de la commune et le raccorder sans rien casser demande quelques précautions. Ce guide reprend les étapes dans l'ordre, du choix du nom jusqu'au jour où il faut changer d'adresse.

Mis à jour le 20 octobre 2026 7 minutes de lecture

Pourquoi une adresse propre à la commune

Une adresse au nom de la commune inspire confiance : les habitants savent qu'ils sont sur le site officiel, et non sur une page qui l'imite. Elle se retient facilement, s'écrit sur le bulletin, les affiches et les courriers. Elle permet aussi des adresses email du type « mairie@macommune.fr », plus sérieuses qu'une adresse chez un fournisseur de messagerie grand public.

Surtout, elle appartient à la commune. Si le site change de prestataire, l'adresse reste la même : les liens partagés, les favoris des habitants et les résultats des moteurs de recherche continuent de fonctionner.

Choisir le nom

Le meilleur nom est le plus simple : le nom de la commune, suivi de « .fr ». Quelques cas demandent un peu de réflexion.

  • Le nom est déjà pris, par une commune homonyme ou par quelqu'un d'autre. Les formes « mairie-macommune.fr » ou « ville-macommune.fr » sont courantes. Pour des homonymes, le numéro du département peut aider : « macommune57.fr ».

  • Le nom est composé. Gardez les tirets du nom officiel : « saint-martin-sur-ouche.fr » se lit mieux que « saintmartinsurouche.fr ».

  • Le nom a des accents. Les adresses accentuées existent, mais elles sont mal prises en charge par certaines messageries. Réservez la forme sans accent, et éventuellement la forme accentuée pour qu'elle mène au site.

  • Le nom est très long. Une abréviation en usage dans la commune peut convenir, à condition que les habitants la reconnaissent.

Pensez aussi aux adresses email qui en découleront : « secretariat@macommune.fr » ou « mairie@macommune.fr » doivent rester faciles à dicter et à écrire sans erreur. Un nom de domaine court rend service tous les jours, sur chaque courrier et chaque formulaire où la mairie donne son adresse.

Avant de décider, dites l'adresse à voix haute, comme au téléphone. Si vous devez l'épeler trois fois, cherchez plus simple.

Le « .fr » et les autres extensions

L'extension « .fr » est gérée par l'Afnic, l'association chargée du registre des noms de domaine français. C'est l'extension la plus naturelle pour une commune. Certaines régions ont leur propre extension, comme « .bzh » ou « .alsace », qui peuvent compléter le « .fr » sans le remplacer.

L'extension « .gouv.fr » est réservée aux services de l'État : une commune ne peut pas l'utiliser.

Le nom de la commune est protégé

Le code des postes et des communications électroniques permet de refuser ou de supprimer l'enregistrement d'un nom de domaine identique ou apparenté au nom d'une collectivité territoriale, sauf si le demandeur justifie d'un intérêt légitime et agit de bonne foi (article L45-2). Si un tiers a réservé le nom de votre commune en « .fr » sans raison valable, une procédure de résolution des litiges existe auprès de l'Afnic.

Le plus simple reste de réserver le nom avant qu'un autre ne le fasse, même si le site n'est pas encore prêt.

Réserver le nom au nom de la commune

Le nom de domaine se réserve auprès d'un bureau d'enregistrement, aussi appelé registraire. Le point essentiel est le titulaire : ce doit être la commune, et non le prestataire, un élu ou un agent à titre personnel.

  1. Titulaire : la commune, avec l'adresse de la mairie.

  2. Contact : une adresse email de la mairie qui sera encore lue dans dix ans, plutôt que l'adresse personnelle de la personne qui fait la démarche.

  3. Renouvellement : activez le renouvellement automatique, et notez la date d'échéance dans l'agenda de la mairie.

  4. Accès : gardez les identifiants du compte chez le registraire dans un endroit connu de la mairie, pas seulement dans la tête d'une personne.

Le prix d'un « .fr » est modeste, mais un nom de domaine qui expire fait tomber d'un coup le site et la messagerie. C'est l'oubli le plus coûteux qui soit, et il arrive le plus souvent après un changement de secrétaire ou d'équipe municipale, quand plus personne ne sait où le domaine a été réservé. Gardez une fiche à jour dans le dossier de la mairie : registraire, date d'échéance, accès, personne à prévenir.

Raccorder le nom au site

Raccorder le nom au site, c'est indiquer, chez le registraire, vers quel serveur l'adresse doit mener. Cela se fait dans la zone DNS du domaine, par quelques enregistrements :

  • un enregistrement A, qui associe le domaine à l'adresse du serveur du site ;

  • parfois un enregistrement AAAA, pour la même adresse en version IPv6 ;

  • un enregistrement CNAME pour « www », qui fait mener « www.macommune.fr » au même site.

Le prestataire du site fournit les valeurs exactes. Une fois les enregistrements modifiés, la nouvelle adresse met de quelques minutes à quelques heures à être prise en compte partout : c'est normal, il suffit d'attendre.

Qui fait ces réglages ? Souvent, la personne qui a réservé le domaine, ou le prestataire qui gère la messagerie de la mairie. Si personne à la mairie n'a accès au compte chez le registraire, commencez par retrouver ces accès : c'est la condition de tout le reste. Le registraire peut vous aider à les récupérer, en tant que titulaire, sur présentation des justificatifs de la commune. Une fois les accès retrouvés, notez-les avec la date d'échéance du domaine, et transmettez-les à une deuxième personne de la mairie.

Ne pas casser la messagerie

C'est l'erreur la plus fréquente. La zone DNS du domaine contient aussi les enregistrements de la messagerie de la mairie, notamment les lignes MX, et souvent des lignes TXT qui protègent les emails contre l'usurpation. Pour raccorder le site, il ne faut modifier que les enregistrements A, AAAA et le CNAME de « www » : jamais les MX ni les TXT de la messagerie.

Avant toute modification, faites une copie de la zone DNS telle qu'elle est, par une capture d'écran ou un export. En cas d'erreur, vous pourrez remettre chaque ligne à l'identique.

Le certificat de sécurité

Un site de mairie doit s'ouvrir en « https », avec le cadenas du navigateur. Le certificat qui le permet est délivré pour un nom de domaine précis et doit être renouvelé régulièrement. La plupart des hébergeurs l'obtiennent et le renouvellent automatiquement, une fois le domaine raccordé : vérifiez que c'est bien le cas de votre prestataire.

Changer d'adresse sans perdre les visiteurs

Il arrive qu'une commune change d'adresse, par exemple pour passer de « mairie-macommune.fr » à « macommune.fr », ou après une fusion de communes. Dans ce cas :

  • gardez l'ancien nom de domaine, et continuez à le renouveler pendant plusieurs années ;

  • faites-le rediriger vers la nouvelle adresse, page par page si possible, par une redirection permanente ;

  • gardez l'ancienne messagerie active le temps que tous les correspondants aient la nouvelle adresse ;

  • mettez à jour la nouvelle adresse sur le bulletin, les affiches, la signature des emails et les annuaires.

Un ancien nom de domaine abandonné peut être racheté par n'importe qui, et servir à tromper les habitants. Ne le laissez pas expirer trop tôt.

Et avec Commune en ligne ?

Sur Commune en ligne, le site fonctionne dès le départ sur une adresse fournie par la plateforme. Quand la commune ajoute son nom de domaine, l'administration affiche les enregistrements à créer, avec leur valeur, vérifie elle-même qu'ils sont en place, obtient le certificat et prévient la mairie par email quand l'adresse est active. Elle avertit aussi quand le domaine a déjà une messagerie, pour que ses lignes MX restent intactes.

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